Une histoire de guide

Les guides du château de La Motte Tilly sont de véritables passionnés. Chacun d'entre eux vous fera découvrir le monument à sa façon, grâce à ses propres expériences et connaissances. L'un d'entre eux, Franck, vous raconte l'une des siennes, suivez le ... 

  

" Le château de La Motte Tilly, je le connais depuis que je suis tout petit. Fils du maréchal-ferrant du village, je suivais mon père lorsqu'il était appelé par Mr Tridon, le régisseur du domaine. C'est ainsi, en 1969, que j'ai découvert cette grande maison.

  

  

La première fois que j'ai vu la marquise, c'est à l'église. J'étais enfant de chœur. Alors que tous les paroissiens étaient assis les uns à côté des autres, elle était toute seule dans une chapelle. Elle arrivait toujours la dernière et l'abbé Mazué n'aurait jamais commencé la messe sans l'attendre. Habillée tout en noir, elle me semblait triste.

  

  

Je ne connaissais rien de ce château, ni de cette dame en noir. Qui m'aurait dit que quelques années plus tard, le château ouvrirait ses portes au public et que je serais un des guides du château.

Construit en 1754 par les frères Terray, le domaine reste dans la famille jusqu'au décès de la marquise en 1972. Sept générations vont s'y succéder. 

  

  

En 1910, son père, le comte de Rohan Chabot rachète la propriété à ses cousins. La marquise est alors sa seule héritière puisque son frère est mort à la guerre en 1918. Elle perd à la fois son frère et son mari, également décédé à la guerre. Les deux sont morts à 11 jours d'intervalle.

Sachant qu'elle perd également sa mère très vite, elle se retrouve seule avec son père. C'est à ce moment qu'elle va consacrer sa vie à la défense du patrimoine. Elle devient alors présidente de la Sauvegarde de l'art français. Grâce à cette association, de nombreux édifices seront sauvés de l'oubli. Son oeuvre perdure encore, une partie de sa fortune permet de restaurer de nombreux édifices à travers la France.

  

  

Mais revenons au château. Ce que vous voyez aujourd'hui, c'est l'oeuvre de la marquise. Au décès de son père, le comte de Rohan Chabot en 1964, elle décide d'engager de très importants travaux. Pour sa fille, Claire Clémence princesse de Polignac, elle va doter le château de tout le confort moderne : chauffage central, 14 salles de bain. Elle en profite pour redécorer la maison : de très beaux tissus provenant de grandes maisons parisiennes, sont alors choisi pour habiller les chambres du premier étages, mis à part celle de on père laissée en l'état.

  

  

Malheureusement, tout cela ne servira pour ainsi dire jamais. La princessedécède en 1969. La marquise qui a consacré sa vie à restaurer ce château, se retrouve seule dans cette grande maison.

Je comprends quelques années plus tard pourquoi notre marquise était si triste."

Franck Gerard

MenuFermer le menu